Résultats


PWB020

avril 2007 - octobre 2009

Évaluation d’autres méthodes d’euthanasie des dindons de réforme

Principal Investigator: Tina Widowski, Université de Guelph
Collaborateurs: Bruce Hunter, Université de Guelph, Penny Lawlis, MAAARO, Lloyd Weber, Université de Guelph
Situation: Complété

Renseignements généraux

Le Canada produit plus de 20 millions de dindons par année. Comme pour les autres types de production animale, il y a parfois des protocoles de réforme ou de dépopulation conçus pour alléger les souffrances infligées aux animaux. La grande taille du dindon empêche d’appliquer efficacement certaines méthodes qui sont de routine pour les sujets de taille plus petite. Au Canada, les méthodes d’euthanasie recommandées pour les dindons dans les fermes, telles qu’elles sont décrites dans la version actuelle des Codes de pratiques pour les soins et la manipulation des animaux d’élevage, comprennent le traumatisme contondant et les dislocations cervicales, manuelle ou mécanique. L’American Veterinary Medical Association estime que la dislocation cervicale manuelle est une méthode acceptable pour les petits oiseaux; pour sa part, le Conseil canadien de protection des animaux considère que la dislocation cervicale mécanique est une méthode acceptable pour les gros oiseaux. Jusqu’à présent, aucune étude scientifique n’a été réalisée dans le but de déterminer quelle méthode serait la plus efficace pour insensibiliser rapidement les dindons. L’« insensibilité » est le point auquel un animal ne ressent plus de douleurs. Elle peut être mesurée en observant la réponse réflexe de la membrane nictitante (cette membrane est la « troisième paupière » translucide que les oiseaux utilisent pour maintenir leur œil humide ou protéger celui-ci afin qu’il conserve son acuité) et la contraction pupillaire. Pouvoir insensibiliser rapidement un animal est un critère essentiel de chaque protocole d’euthanasie.

Progrès réalisés

La Dre Tina Widowski et l’étudiante de deuxième cycle Marisa Erasmus de l’Université de Guelph se sont penchées sur l’efficacité d’un dispositif destiné à euthanasier les dindons et appelé pistolet à cheville percutante Zephyr. Ce pistolet à air comprimé a été utilisé avec succès pour euthanasier des porcs en lançant un projectile captif non pénétrant qui va percuter sa cible. Des chercheurs ont comparé le pistolet Zephyr à d’autres méthodes physiques, s’intéressant notamment au délai d’insensibilisation et à l’ampleur des lésions cérébrales qui en résultent. Des essais pilotes de faible envergure ont tout d’abord été réalisés sur des carcasses afin de déterminer les réglages de pressions adéquats et le bon emplacement du pistolet permettant à ce dernier d’être plus efficace. Les résultats de ces essais ont conduit à modifier le Zephyr de manière à ce qu’il puisse infliger suffisamment de traumatismes cérébraux à de gros dindons (supérieurs à 10 kg). Grâce aux méthodes et aux réglages mis au point durant ces études pilotes, une série d’essais a été réalisée avec la version modifiée du Zephyr sur des oiseaux vivants (destinés à la réforme) et élevés dans des fermes commerciales. Les chercheurs se sont intéressés au délai d’insensibilisation et au temps létal d’animaux de différents poids et ont par ailleurs comparé l’utilisation du pistolet Zephyr à d’autres méthodes d’euthanasie (dislocation cervicale manuelle, dislocation cervicale mécanique et traumatisme contondant). Les dommages au cerveau ont été analysés à l’aide de techniques de macro et de micro observations, d’histologie et de tomodensitométrie. Le premier essai a donné lieu à l’euthanasie de dindons femelles de reproduction adultes (11 kg) en ayant recours au Zephyr ou par dislocation cervicale mécanique. Dans le second essai, des dindons mâles, pesant entre 17 et 19 kg et provenant de deux fermes, ont été euthanasiés avec le Zephyr ou par traumatisme contondant. Dans le troisième essai, on a euthanasié des dindons à griller en utilisant le Zephyr (4,6 kg), par dislocation cervicale manuelle (1,6 kg) ou par traumatisme contondant (5 kg). Les résultats de tous ces essais montrent que le Zephyr est aussi efficace que des traumatismes contondants pour insensibiliser rapidement des dindons. Le délai d’insensibilisation et le temps létal se sont révélés tous les deux plus longs en appliquant une dislocation cervicale (manuelle ou mécanique). Cette étude conclut que le Zephyr constitue une méthode très efficace et reproductible pour euthanasier les oiseaux, et ce, pour toutes les catégories de poids éprouvées. Les résultats laissent également penser que les méthodes utilisées pour rompre les vertèbres cervicales de gros oiseaux, notamment par des moyens mécaniques, ne rendent pas immédiatement les oiseaux inconscients. Il convient donc de revoir toutes les recommandations faites en faveur de l’usage de ces méthodes.

Travaux à venir

L’équipe de la Dre Widowski planifie des travaux pour améliorer le caractère pratique du Zephyr pour son utilisation dans les fermes et explore les solutions qui permettront aux producteurs de se procurer ce pistolet sur le marché.

Financement

75,579 $ (CRAC 25,193 $, CRSNG/AAC 50,386 $)

Publications

Erasmus MA, Lawlis P, Duncan IJ, Widowski TM. 2010. Using time to insensibility and estimated time of death to evaluate a nonpenetrating captive bolt, cervical dislocation, and blunt trauma for on-farm killing of turkeys. Poult Sci. 89:1345-54.

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